Natation - Epaule et sport
Dr. Nicolas LAPIE
Épaule du nageur
La pathologie de l’épaule du nageur relève principalement de la troisième catégorie des atteintes de l’épaule : le surmenage (overuse).
Il s’agit typiquement de tendinopathies de la coiffe des rotateurs liées au surmenage. Le mécanisme le plus fréquent est le conflit sous-acromial, par passage répété des tendons sous l’arche acromiale dans certaines positions du mouvement.
Il faut rappeler qu’anatomiquement il existe quatre rotateurs internes pour seulement deux rotateurs externes, créant un déséquilibre physiologique. Chez le nageur, ce déséquilibre est accentué.
Ces tendinopathies s’expliquent par :
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les caractéristiques propres à la natation avec une surpuissance des rotateurs internes,
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les erreurs techniques,
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l’utilisation des plaquettes.
L’épaule du nageur est aujourd’hui considérée comme une pathologie de surmenage multifactorielle.
Au-delà du conflit sous-acromial classique, la fatigue musculaire, les déséquilibres de la coiffe et des stabilisateurs de la scapula, ainsi qu’une laxité fonctionnelle peuvent altérer la cinématique de l’épaule et être responsables de douleurs, parfois sans lésion structurale majeure.Elle relève, dans une grande majorité des cas, d’une prise en charge en médecine du sport.
Tendinopathies et conflit sous-acromial
La souffrance concerne principalement le sus-épineux, l’intervalle des rotateurs et le long biceps.
Le conflit peut survenir :
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en phase de propulsion (adduction et rotation interne),
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et en phase de récupération (abduction).
Les facteurs techniques favorisant le conflit sont :
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un excès de croisement de la ligne médiane en phase de propulsion,
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une entrée de la main dans l’eau en rotation interne (pouce dirigé vers le fond),
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une respiration unilatérale, surchargeant l’épaule controlatérale.
Les facteurs liés à l’entraînement jouent également un rôle important. Avec la fatigue, la coiffe des rotateurs n’assure plus correctement le centrage de la tête humérale sur la glène, entraînant une ascension fonctionnelle source de conflit sous-acromial.
Clinique et examens
Cliniquement, les symptômes sont classiques :
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douleur latérale de l’épaule,
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douleur en élévation antérieure,
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parfois accrochage vers 90°,
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douleur déclenchée en rotation interne à 90° d’élévation antérieure,
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signes de souffrance du sus-épineux avec irradiation antérieure.
Une attention particulière doit être portée au déséquilibre de force entre rotateurs internes et externes.
L’IRM est l’examen de référence pour évaluer la réaction inflammatoire.
Facteurs de risque, traitement et prévention
Facteurs de risque :
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augmentation brutale des volumes d’entraînement,
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antécédent de pathologie de l’épaule,
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longues distances,
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première année de pratique.
Traitement de base :
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repos et AINS en phase aiguë,
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puis renforcement de la coiffe, en particulier des rotateurs externes,
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correction des erreurs techniques.
Prévention :
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renforcement des rotateurs externes,
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amélioration de la technique (pas de croisement de la ligne médiane, bonne respiration
coude haut en phase de récupération).
